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Des investissements insuffisants

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Des investissements insuffisants

Le manque d’accès à l’éducation est trop souvent uniquement considéré comme un problème de «développement», alors qu’il constitue également une urgence de portée internationale. L’éducation devrait être une priorité de l’action humanitaire ainsi que des politiques de développement. La complémentarité et la continuité entre l’humanitaire et le développement sont essentielles pour assurer une éducation durable et de qualité pour les personnes affectées par les crises et les conflits, et particulièrement au Sahel.

Le président de la République a fait de l’éducation au Sahel une des grandes priorités de la politique internationale de la France. Pourtant, la contribution de la France aux efforts d’aide humanitaire consacrée à l’éducation reste faible par rapport aux autres pays donateurs, alors même que celle-ci est cruciale pour assurer le maintien de l’éducation des enfants en situation d’urgence. En 2016, la France a alloué 2 % de son aide humanitaire à des programmes d’éducation (Unocha) et une contribution de 2 millions d’euros au fonds Education Cannot Wait. A titre de comparaison, l’Angleterre a versé 138 millions d’euros au fonds depuis sa création. En 2017, la France a alloué 4,4% (soit 55 millions d’euros) de son aide bilatérale à l’éducation aux pays du G5 Sahel, dont un quart à l’éducation de base et 15% à l’enseignement primaire (OECD). Ce qui reste largement en deçà des besoins éducatifs de la région.

L’effort en faveur de l’éducation des enfants et jeunes en situations de crise et d’urgence doit être amplifié, à travers le renouvellement d’une contribution significative de la France au fonds Education Cannot Wait, et plus largement en consacrant 4% de son aide à l’humanitaire à l’éducation. Ces financements doivent en priorité être alloués aux pays du Sahel en renforçant les structures en charge de l’engagement de l’APD française.

Une sous-région

L’année 2020 constitue un tournant pour le droit à l’éducation. Elle marque le début d’un compte à rebours de 10 ans pour atteindre la scolarisation de tous les enfants, principal pilier des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, que les gouvernements se sont engagés à accomplir en 2015. Or, cette cible risque de ne pas être atteinte, particulièrement dans le Sahel. La région est pourtant l’une des plus jeunes du monde, avec 64,5 % de la population âgée de moins de 25 ans. Les investissements dans l’éducation et la formation professionnelle y sont des facteurs clés pour la construction d’un avenir meilleur. Or, a date, le seul objectif de maintenir à l’école des enfants en cours de scolarité implique un effort gigantesque, hors de portée des seuls budgets africains.

Le manque d’investissement met en péril des générations entières, l’avenir d’une sous-région et d’un continent. La France doit urgemment prendre le leadership au sein de la communauté internationale, pour changer la donne. Cette année sera marquée par la coprésidence franco-mexicaine du Forum Génération Egalité qui se déroulera en juillet 2020 à Paris pour célébrer les 25 ans de la Déclaration de Pékin. Des engagements concrets en faveur de l’éducation au Sahel devront y être pris